Partie 1z

Par

Emeralda

Les Chaleurs Royales

ou la favorite du roi

 

Oscar marchait vite, très vite comme si elle pouvait ainsi fuir ce qui était pire que la peste à ses yeux. Elle avançait sans voir les courtisans qui la saluaient. Elle était perdue dans ses pensées.

Mon dieu mais quelle idée a eu sa majesté ? Ce n’est pas possible, c’est un cauchemard et je vais me réveiller ? Voilà près de deux ans que j’ai quitté le commandement de la garde royale et maintenant que je commence à m’être fait accepter par mes hommes aux Gardes Françaises, il faut que cette affaire surgisse ! Et mon père qui n’est pas contre cette idée ! Vraiment rien ne me sera épargné !

 

Quand elle s’arrêta enfin, elle se trouvait dans les jardins du château. Elle avait le souffle court et les yeux vagues. Elle retrouva en quelques minutes ses esprits et regarda autour d’elle afin de savoir où sa course folle l’avait menée. Elle était allée beaucoup plus loin qu’elle ne l’aurait cru car elle se trouvait fort loin de la cour et de toutes ses rumeurs, ses intrigues et autres bassesses. Elle fit encore quelques pas avant de s’asseoir sur un banc de pierre blanche qui faisait face à un des innombrables mais non moins magnifiques parterres de fleurs. Ses pensées recommençaient à vagabonder. Elle repensait à son entrevue avec sa majesté Louis XVI quelques heures plus tôt…

Dans le bureau de Louis XVI :

- Ah colonel, je vous attendais justement… Monsieur votre père vient tout juste de sortir et allait vous quérir mais puisque vous êtes là ses recherches vont être vaines.


Le roi debout devant une fenêtre se retourna et décrocha un de ses plus beaux sourires à Oscar.
- Sir, je suis venue dés que j’ai appris la nouvelle par un messager mais comme vous le savait déjà mon régiment des Gardes Françaises est sur Paris et non pas à Versailles, déclara Oscar en saluant le souverain.
- Oui, je le sais parfaitement et cela me désole, lui répondit le roi avec une petite pointe de tristesse dans la voix, mais il se pourrait fort bien que cette situation ne dure plus très longtemps car j’ai bien l’intention d’y mettre un terme. Je vous veux près de moi et votre commandement ainsi que votre carrière militaire me prive de cette joie.
Oscar resta sans voix car à cet instant elle comprit que la nouvelle que son père lui avait annoncée n’était pas ce qu’elle s’était plu à croire c’est-à-dire une vaste plaisanterie de mauvais goût.

Ainsi c’est donc vrai mais que vous arrive-t-il votre majesté ? Non rassurez moi et dîtes moi que je rêve que je suis seulement un sujet de plaisanterie…

-Vous ne dites mot colonel ?… Oui je pense que vous êtes surprise de ma requête auprès de Monsieur votre père mais vous vous ferez très vite à cette idée…
- Sir, j’ai été effectivement très surprise et je le suis encore en cet instant. J’avoue ne pas très bien comprendre…
- Il n’y a pas grand chose à comprendre colonel ou plutôt devrais-je dire Mademoiselle Jarjayes mais votre uniforme fausse une peu cette image… Il ne s’agit certes que quelques bouts de chiffon, quelques médailles mais ces derniers changes complètement la donne car si je vous avais toujours vu ainsi alors peut être que vous ne seriez pas ici devant moi en cette fin d’après midi de mai.
Oscar regardait le roi de plus en plus incrédule. Mais quoi parlait-il ? Louis XVI faisait maintenant face à Oscar et la dévisageait comme jamais il ne l’avait fait. Oscar en était presque gênée mais elle soutint son regard d’autant plus qu’il était très bienveillant à son égard. Puis au bout de quelques instants le roi se détourna d’elle pour faire quelques pas et revint se placer vers la fenêtre. Tout en regardant les jardins, il continua sur un ton empreint d’émotion :
- Oui votre uniforme vous va à ravir et vous êtes sans doute notre plus bel officier du royaume mais il n’est pas celui de votre condition. J’avoue que cela ne m’a guère gêné jusqu’à cette nuit là… Quand je pense que je détestais les bals ! Toutefois en tant que roi je me dois d’y apparaître de temps à autre ne serait-ce que pour saluer certains de nos courtisans fort influents mais ce soir là je n’ai pas regretté d’être venu dans cette immense salle où le champagne coulait à flot depuis plusieurs heures déjà. J’ai ainsi que tous les participants de cette douce soirée pu vous voir sous un aspect qui m’était jusqu’alors totalement inconnu… Vous êtes apparue tel un ange dans cette robe à la coupe à la fois étrange et mystérieuse mais vous allait si bien… Jamais je ne pourrais oublier combien mon cœur s’est mis à battre alors… Je ne vous ai pas reconnu tout de suite mais vous m’avez saluer et un geste vous a alors échappé et là j’ai compris qui était cette belle inconnue. Je n’ai pas voulu trahir votre secret car j’ai bien vu que vous étiez là pour un homme qui ne vous reconnaîtrait pas dans cette tenue. Je vous ai observé toute la soirée durant. D’habitude, j’avoue m’ennuyer ferme mais là j’avais sous les yeux la plus belle femme du monde. J’ai vu combien les autres hommes enviaient Monsieur de Fersen qui eu seul le courage de vous inviter à danser. Vous formiez d’ailleurs un très joli couple jusqu’à ce que le charme fut rompu par je ne sais quel incident. Vous avez alors pris la fuite et depuis je ne vis que dans l’espoir de vous revoir auprès de moi, aussi belle que ce soir là…


Oscar avait écouté le récit du roi sans vraiment y croire. Ainsi Louis XVI l’avait reconnu lui aussi… Il l’avait trouvé belle et il était tombé amoureux d’elle ce soir là ! Le ciel lui serait tombé sur la tête qu’elle n’aurait pas été plus stupéfaite. Il se passa quelques instants avant que le roi ne se retourna vers elle et retraversa la pièce pour lui prendre très délicatement la main.
- Colonel, vous savez bien que je ne suis pas un homme qui se laisse facilement tourner la tête pas les femmes mais votre beauté m’a séduit. Mon cœur vous appartient désormais.
Oscar aurait voulu dire quelque chose mais les mots mourraient sur ses lèvres. Le silence s’installa et le roi continua :
- Votre silence est pour moi déjà un espoir car vous ne me repoussez pas. D’ordinaire je suis de nature timide et je n’ignore pas combien on jase à la cour sur cette particularité de mon caractère mais vous n’êtes pas une femme ordinaire ! Vous ne pouvez pas savoir combien il m’en a coûté de vous dire tout cela mais il le fallait ! Je vous veux à mes côtés chaque jour que Dieu fait car sans vous la vie est bien terne et sans saveur. La reine que je chérie est douce et aimable avec moi mais son cœur est ailleurs. Comment pourrais-je l’en blâmer ? Nous avons été mariés sans même nous connaître. Il est déjà heureux que nous ne nous haïssions pas.


Oscar essaya de prendre sur elle et dans un ultime effort réussit à articuler quelques mots :
- Sir, je suis touchée par vos paroles mais je ne pense pas être celle que vous croyez…
- Mais bien sûr que si vous l’êtes… Je vous aime ainsi… J’aime votre duplicité, j’aime votre tempérement de feu, votre courage, votre bravoure, votre douceur, votre beauté… Je veux votre bonheur et je puis vous l’offrir sans la moindre difficulté car tout m’est permis…
- Justement mon bonheur est dans la vie que je mène et je ne souhaite point en changer. Votre majesté est très bonne et si elle tient tant à me faire plaisir, qu’elle me laisse donc ma liberté. Ainsi je pourrais continuer à la servir et ce jusqu’à mon dernier soupir.


Oscar essayait de trouver une porte de sortie sans pour autant blesser le roi. Ce dernier ne voulait visiblement rien entendre car il s’obstina à poursuivre dans sa voie :
- Ma chère Oscar, je crois que vous ne me comprenez pas très bien… Je ne puis plus me passer de vous, de votre présence. Monsieur votre père est désireux depuis quelques temps de vous faire redevenir celle que vous auriez toujours dû être et je me propose de l’y aider. Etre une maîtresse royale n’a rien de déshonorant bien au contraire ce sont des femmes de caractère et de pouvoir. Vous avez toutes ces qualités et vous pourriez m’être d’un très grand soutient car en matière de politique, la reine ne s’y entend guère… Vous me répondrez que cela n’est guère chrétien tout cela et qu’en tant que roi je me doit de donner l’exemple n’est-ce pas ? A cela je vous répondrais que mes ancêtres ont eu plus d’une maîtresse et que cela n’a en rien ou presque interférer dans leur politique. Tout au plus ils étaient éclairés par un avis féminin des plus fins et plus d’une fois cela les servait plus que le contraire… Non vraiment je pense que vous avoir à mes côtés est la meilleure chose qui puisse m’arriver… Et si je dois être damné pour cela je l’accepte avec joie car vous êtes à vous seule le paradis sur cette terre…
- Sir je ne peux…
- Il suffit Colonel, j’en ai décidé ainsi et cela sera… Vous quitterez dans quelques jours votre commandement des gardes Françaises pour venir me rejoindre ici à Versailles. Vous trouverez votre place soyez en certaine .
- Sir n’y a-t-il aucun moyen de vous faire revenir sur votre décision ? Tout ceci est si soudain…
-Oui c’est vrai que j’aurai dû vous ouvrir mon cœur bien plus tôt mais que voulez-vous on ne se refait pas… Et puis j’ai essayé de me persuader que tout ceci n’était qu’une passade mais il n’en était rien. Maintenant que je suis certain de ce que je ressens pour vous, je ne puis plus attendre une minute de plus. Je vous laisse quelques jours pour prévenir vos hommes, vous faire à l’idée que votre vie va changer du tout au tout et ensuite je vous prendrais sous mon aile car je n’ai nullement l’intention de vous laisser vous envoler ailleurs. Votre cœur n’étant point pris, n’est-ce pas ?
Le regard du roi se faisait pénétrant mais Oscar ne sourcilla pas. Elle était tellement surprise de tout ce qu’elle venait d’apprendre en quelques instant qu’elle s’attendait à être foudroyée sur place la seconde suivante. Elle parvint toutefois à prendre sur elle pour prononcer ces mots qu’elle découvrait en même temps que Louis XVI.
- Justement Sir, je crois que mon cœur est pris depuis fort longtemps déjà et… et je voulais en parler à mon père afin de profiter de son changement d’avis sur ma propre vie… Je voulais lui annoncer mon intention de rendre mon épée pour celui que j’aime…

Oscar que t’arrive-t-il ? Qu’est-ce que tu racontes ? C’est encore pire que ce que tu viens d’entendre !!!

- Il ne s’agit pas de Mr de Fersen puisque ce dernier est déjà marié mais qui donc fait battre votre cœur ? Quel est ce rival ?!
- Un homme au cœur généreux, d’une grande noblesse…
- Je n’en doute pas un seul instant mais quel est son nom ?

Oscar tu t’es mise dans de beaux draps…. Mais qu’est-ce que tu vas lui répondre maintenant ? Il te faut gagner du temps, garde ton calme…

- Sir je ne puis vous le révéler pour l’instant…parce que… parce qu’il…. Il ne sait rien des sentiments qui m’animent.
- Il ne sait encore rien dîtes-vous ? Ah vraiment vous m’étonnez colonel ! Vous voulez parler à votre père et pensez même à rendre votre épée pour un homme qui ne connaît pas encore la véritable nature de vos sentiments à son égard ?
- C’est tout à fait cela, sir…
- J’ai tout de même un peu de mal à vous croire mais soit si vos sentiments sont si forts concernant cet homme et s’ils sont partagés en retour alors nous ferons en sorte qu’il devienne votre époux ainsi votre réputation sera sauve au moins pour un temps. Votre couple bénéficiera de mes largesses, ce qui devrait sans nul doute calmer ses ardeurs de mari jaloux si l’idée lui prenait.

Non, je rêve, ce n’est pas la réalité, je vais d’un instant à l’autre me réveiller !

Oscar se pinça le dos de la main tant elle souhaitait que ceci prenne fin mais hélas cela ne changea rien. Elle était toujours debout dans ce salon avec le roi en face d’elle qui lui souriait.

Ce qui suivit n’eut que peu d’importance car Oscar ne parla que très peu. Elle avait tout juste gagné un peu de temps. Elle était parti presque en courant et avait traversé les couloirs et les allées du parc sans voir personne. Maintenant, elle était assise là sur ce banc mais aucune idée concrête et sensée qui aurait pu la sortir de cette gigantesque farce. Elle resta de longues minutes ainsi avant de se décider enfin à rentrer chez elle, sur son domaine afin de parler à son père de cette affaire.

****

André n’était pas à ses côtés et elle le regrettait. Elle aurait aimé le sentir près d’elle mais il était cantonné à la caserne. Elle ne savait pas pourquoi mais elle avait besoin de sentir sa présence. Pourtant c’était bien elle qui avait petit à petit au fil des mois construit un mur qui les séparait chaque jour un peu plus. Elle lui avait depuis bien longtemps pardonné son geste et ne lui en tenait plus rigueur mais sans doute par fierté, elle n’avait jamais osé le lui dire véritablement et le fossé s’était creusé. Toutefois elle ne doutait pas un seul instant que sur un simple mot, un geste de sa part il reprendrait sa place à ses côtés.

André, si tu savais combien tu me manques dans des moments comme celui-ci… Pourquoi faut-il que malgré tous mes efforts je n’ai jamais pu parvenir à me sevrer de ta présence ?

Elle rebroussa chemin et reprit la direction de la caserne. Elle allait le chercher, elle allait lui parler et il trouverait une solution. Elle poussa son cheval au galop car elle était certaine d’avoir pris la bonne décision pour la première fois depuis des années !

Arrivée dans ses quartiers, elle envoya son lieutenant chercher André qui fort heureusement n’était pas de garde. Ce dernier ne tarda pas à frapper à sa porte et pour se donner un peu de contenance elle se pencha sur un dossier avant de l’inviter à entrer.
- Vous m’avez fait demander mon colonel ?
- Oui entre André et referme bien la porte car ce que j’ai te dire n’est pas aisé et ne doit surtout pas tombé dans des oreilles indiscrêtes.
- Bien colonel.
André resta immobile tel une statue et attendit qu’Oscar se décide à parler. Il l’avait tout de suite senti tendue comme un arc et voyait bien qu’elle essayait de donner le change mais l’agitation de ses mains trahissait son véritable état nerveux. Il l’avait rarement vu ainsi et il s’inquiétait de ce qu’elle allait pouvoir lui annoncer. C’était aussi la première fois depuis des semaines qu’ils se retrouvaient ainsi seuls. En général, elle s’arrangeait pour l’évitait ou faire en sorte que leur rencontre ne se fasse que sur un plan purement professionnel. A plusieurs reprises, il avait bien vu qu’elle aurait aimé qu’il en soit tout autrement mais c’était sans compter sa fierté ! Cela l’avait fait sourire même si cela le rendait également très malheureux mais avec son Oscar ce n’était qu’affaire de patience et il n’en manquait pas.
- André j’aimerai que tu viennes avec moi que tu rentres au domaine. Je dois en effet parler de choses importantes avec mon père et j’aurai sans nul doute besoins de ton aide, de tes conseils. Je sais que ces dernières semaines, je t’ai évité le plus possible mais sache que je le regrette aujourd’hui. Oui, j’ai eu tord, je l’admet. J’espère que tu ne m’en tiendras pas trop rigueur…
André allait de surprise en surprise. Ce n’était pas vraiment su genre d’Oscar d’admettre ses tords et il fallait qu’un évènement grave l’y contraigne.
- Je ne t’en veux pas le moins du monde Oscar mais en quoi puis-je t’être utile ? J’avoue avoir du mal à te suivre… Tu me dis que tu dois parler affaire avec ton père mais de quel genre d’affaire ? En quoi cela me concerne-t-il ?
- C’est une longue histoire qui pourrait être fort amusante si elle ne s’avérait pas véridique et authentique. J’ai eu peine à y croire mais hélas je reviens tout juste de Versailles et j’en ai eu la confirmation de la bouche même de sa majesté le roi…

Oscar baissa les yeux mais se leva. Ses mains restèrent encore un instant appuyées sur son bureau. Elle prit une grande inspiration et en relevant la tête eu un geste d’une terrible volupté. C’était certes fait sans aucune arrière pensée mais cela fit bondir le cœur d’André. Oscar avait cette étonnante faculté d’être sensuelle à son insue. Le simple fait de rejeter ainsi sa magnifique chevelure blonde en arrière et toute la pièce était innondée de son parfum troublant. Elle se dirigea ensuite vers la fenêtre non sans jeter un regard vers cet homme qui avait été plus qu’un ami à bien des reprises. Elle ne regrettait pas d’être revenue vers lui car si quelqu’un pouvait l’aider c’était bien lui.


André se rapprocha d’elle et même se plaça à ses côtés comme pour lui donner du courage. Il ne dit pas un mot mais lui lança un ultime regard. Ensuite tout comme elle, il fixa son attention sur point éloigné et tenta de calmer son émotion et son trouble. Ce ne fut pas chose facile car lorqu’Oscar se décida à tout lui révéler, il crut que la terre allait s’écrouler autour de lui. Puis une vague de colère monta en lui qu’il maîtrisa également. Un silence presque pesant s’installa et André fut le premier à le briser.
- Que comptes-tu faire ? Parler à ton père ? Celui-ci ne semble pas trop opposer à la proposition du roi d’après ce que tu sais… Crois-tu vraiment qu’il va changer d’avis si facilement ?
- Non certainement pas mais que puis-je faire d’autre ?
- Pas grand-chose en effet… tout au moins pour l’instant… Le roi t’a-t-il laissé un délai ou quelques chose de ce genre ?
- Oui et non… En fait il souhait que je rende mon épée au plus vite… J’imagine que j’ai quand même quelques jours devant moi mais guère plus.
- C’est très peu mais peut être suffisant…


- Suffisant pour faire quoi ?
- Je ne sais pas encore mais on trouvera, je te le promets Oscar, on trouvera…
- Je l’espère sincèrement car j’avoue ne plus savoir quoi faire… C’est si soudain ! Et puis voilà que mon père décide brusquement de changer d’avis sur mon avenir, ma vie… Comme si je n’étais qu’une vulgaire poupée de chiffon ! Ne suis-je rien d’autre à ses yeux ?
- Je pense qu’il ne veut que ton bonheur maos tu le sais aussi bien que moi Oscar, le général n’a jamais été très au fait de la psycologie féminine… L’art de la guerre n’a plus aucun secret pour lui mais celui de manœuvrer dans un univers de dentelle lui est totalement inconnu. Avec toi, il ne sait plus que penser…
- Voilà que tu prends sa défense ?
- Non pas du tout mais j’essaie de comprendre ses faits et gestes. Et puis n’oublie pas que je suis un homme et que la maladresse, ça me connaît !
André avait voulu détendre un peu l’atmosphère car si Oscar se rendait au château dans un tel état d’esprit, il pouvait craindre le pire. Et puis ne voulait-il pas se rassurer lui-même ?
Oscar avait regardé de manière incrédule son ancien valet. Comment pouvait-il faire de l’esprit dans un moment pareil ? Mais n’était-ce pas lui qui avait raison au fond ? La vie n’était-elle pas une vaste comédie où chacun joue un rôle qui varie en fonction du jeu d’autrui ?

- Oscar, tu m’as bien dis que tu ne lui avais pas donné le nom de ton … élu ?
Pourquoi cela lui était-il aussi difficile de poser cette simple question ? Il avait crains surtout d’en connaître la réponse mais heureusement cette dernière ne tomba pas, du moins comme il aurait pu s’y attendre.


- Oui c’est cela… Que voulais-tu que je dise ? Que celui qui faisait battre mon cœur c’était… toi ?
Oscar ne savait pas pourquoi elle avait dit cela mais en fait ces mots s’étaient imposés d’eux-mêmes. Mon sieur de Fersen ne représentait plus rien d’autre qu’un ami fidèle à yeux depuis des mois déjà. Elle avait sincèrement cru l’aimer mais avait dû se rendre à l’évidence que ce sentiment qui l’avait presque étouffer durant des années n’était rien de moins qu’une de ces chimères qui lui tenaient lieu de règle. Cela avait été un moyen de se sentir vivante durant toutes ces années. Encore un mensonge de plus.
André avait presque cessé de respirer. Il tourna lentement la tête vers son amie afin de vérifier si elle ne se moquait pas à son tour de lui. Il n’en était rien et c’est une Oscar presque aussi surprise que lui qui lui faisait face.

Fin de la 1 ère partie


 

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